En avant première, le dessin de la couverture de la pièce de théâtre et un détail :

Extraits:
[…] Notre personnage admire le ruisseau qui déferle, après la pluie, dans le jardin des Hespérides de ses grands-parents maternels ; dansant et mouillant ses doigts de pied par ses semelles fragiles. Elle regarde les couleurs du sol mouillé, Didon rêve.
Elle devient Virgile, lisant sur chaque mètre carré du sol, les Bucoliques. Les bergers, les agneaux, chevreaux, paysages lumineux…chaque centimètre est un monde, un dialogue avec Héméra.
Elle voulait vivre Les Bucoliques, être Berger, être brebis, pâturer sous le soleil des terres de ses aïeux, elle voyait la paix dans chaque ligne de ce livre. Son passage préféré concernait Alexis, fou passionné par ses montagnes et son troupeau, il avait trouvé refuge dans son paradis et en oubliait l’amour du pauvre Corydon. Corydon, absurde amoureux, comme si un Être pouvait communier avec un autre sans sacrifices, sans dominance et sans faiblesses !
Pfff, Didon l’observait tous les jours ; tous les jours que le soleil faisait, les Êtres n’étaient que calcul. Grand bien avait eu Alexis de garder sa liberté, parmi des Êtres nobles et naïfs.
Junon respire, gonfle ses seins, la gorge griffée par accident. Didon regarde sa mère puis le ruisseau, à nouveau sa mère, dans une interrogation ponctuée d’amour, de peur, de folie et les réponses sont toujours identiques. Les questions tournoient, se cognent dans la tête de Didon, au point parfois de la noyer sous ce flot.
La furieuse Junon a reçu des collisions, aspérités physique, chocs spirituelles, heurts des sentiments. Dans les fondements de son cœur, au travers des tissus inextricables du vivant, elle est meurtrie et jamais apaisée. Elle est une petite femme, un bout de travail chimérique. […]